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La psychanalyse des cinquante dernières années s'est exclusivement intéressée aux pouvoirs signifiants de la parole et des fantasmes. Elle n'a pas – ou peu – tenté de réfléchir au « dire », qui n'est ni la parole, ni le dit ou le non-dit.
Le narratif a une vie liée à l'histoire mythique inventée par Freud: le meurtre du père qui fait que l'homme naît « coupable » et coupable pulsionnellement. Ce récit « historique » doit se narrer; la rencontre œdipienne – qui n'est pas mythique chez Freud, mais dynamique et évolutive – doit présider au rétablissement mais encore plus à son désistement éthique.
Par la règle fondamentale, dite d'association libre, le récit narratif découvre son devenir.
Ce qui est « vrai » n'est plus forcément historique. Le récit ne recrée par l'événement (pulsionnel, traumatique), il ne le symbolise ni ne le métaphorise non plus. Vrai ne veut pas dire arrivé… Et Freud a voulu confondre, par laïcité d'esprit, le vrai (le meurtre du père) avec l'historique.
On ne sait jamais ce qu'on va dire, telle est la finalité de l'association. Ce n'est donc pas le récit de l‘événement vrai qui est essentiel, mais le vrai récit de l‘événement.