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Bien que Freud ait été enclin à croire que toute reconstruction effective contient un « grain de vérité », on ne sait pas du tout comment identifier ce « grain » et le séparer de l'ensemble des inventions également vraisemblables dont une bonne part du récit de la vie du patient est faite. Et si nous ne disposons d'aucun moyen sûr d'identifier la vérité historique, nous pouvons être sérieusement handicapés dans notre tentative de formuler des lois théoriques. Ce qui peut être effectif dans un exemple clinique particulier (la vérité narrative) n'est pas nécessairement généralisable au domaine plus vaste de la théorie clinique.
Traditionnellement, la force de la position psychanalytique a plutôt reposé sur la persuasion rhétorique que sur le recours aux données – une tradition fortement influencée par Freud qui n'a jamais estimé nécessaire de révéler tous les faits observés pour une interprétation particulière. Quelles qu'aient été les raisons de sa réticence, il a par la suite rationalisé cette tendance en affirmant que si le lecteur n'était pas porté à accepter sa formulation, des données supplémentaires ne le feraient guère changer d'avis (Freud, 1912, p. 214).