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Une orientation originale s'impose au lecteur de G. A. Goldschmidt, Quand Freud attend le verbe1.
En effet, l'auteur développe son point de vue selon lequel Freud doit son génie à la langue allemande, doit l'invention de la psychanalyse aux caractéristiques de la langue allemande.
Le contraste avec d'autres appréciations qui soutiennent que Freud se serait taillé dans et avec l'allemand un dialecte freudien singulier, occasionne un rebond au-delà même des controverses soulevées par les récentes traductions de Freud.
Des considérations si totalement contradictoires contraignent à une interrogation ample car elles ont en commun de chipoter les mots, de chicaner le génie de Freud, fût-ce de faĉon opposée.
1 / G. A. Goldschmidt considère que « Freud, c'est l'exceptionnel dans l'ordinaire » (il veut mentionner l'ordinaire de la langue), « et non l'ordinaire à travers l'apparence exceptionnelle ». L'auteur n'est pas traducteur de Freud et son intérêt concerne moins les traductions existantes ou en cours que l'exploitation par Freud des ressources d'une langue qui serait une introduction sans pareille à la découverte de l'inconscient.
G. A. Goldschmidt ne se lasse pas de répertorier les particularités qui sont propres à l'allemand par comparaison avec le franĉais et rendent toute traduction approchée et non exhaustive. Son propre bilinguisme n'est certes pas étranger à l'attachement à la fois pointilleux et lyrique qu'il éprouve pour les dissemblances des deux langues et n'est-ce pas le hasard s'il a choisi d'être le traducteur