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Environ dix ans après son remarquable ouvrage: Psychanalyse des comportements violents2, Claude Balier nous invite à poursuivre avec lui sa réflexion, centrée cette fois sur les auteurs d'agressions sexuelles.
Explorant des pathologies exceptionnellement accessibles hors du milieu judiciaire, il nous propose un document clinique passionnant qu'il confronte à tout un corpus théorique analytique. Partant d'observations cliniques d'agresseurs sexuels (viol, inceste, pédophilie, meurtre, exhibitionnisme) suivis en traitement, il recense une série de « configurations psychiques » qui sont ensuite reprises en une construction métapsychologique cohérente. Étape après étape, il va ainsi isoler une organisation spécifique, « la perversité sexuelle » ou « perversion au premier degré », qu'il dégage de l'ensemble générique que représente la perversion sexuelle, et situe, se référant notamment aux travaux d'André Green (psychose blanche), Évelyne Kestemberg (Ordre fétichique) et Paul Claude Racamier (l'incestuel), aux frontières de la psychose.
Attentif au déroulement et à l'économie des actes commis, Claude Balier montre que l'apparente simplicité de la réalisation recouvre des phénomènes psychiques complexes. Il souligne la compulsivité, le caractère explosif de la mise en acte (sous-tendue par des enjeux vie/mort, pénétrant/pénétré) et la réalisation dans un état second révélateur d'un clivage radical et d'une hallucination mise en acte. L'auteur va rechercher la « racine psychique » de ces comportements dans le plus originaire, au niveau de la naissance de la représentation. Si ces actes ont une fonction défensive pour la psyché, c'est en annulant pour un temps