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Cet ouvrage, venant d'Angleterre, où il a été publié en 1993, traduit par Jacqueline Adamov, présente un aspect pointu des travaux cliniques et des avancées théoriques récents de nos collègues anglais. John Steiner, qui est membre de la Société psychanalytique britannique et attaché à la Tavistock Clinic à Londres, propose une description et une analyse de ce qu'il désigne sous le nom de retraits psychiques. Il s'agit d'organisations pathologiques de type narcissique, qui ont pour fonction de contenir et de neutraliser les impulsions destructrices primitives, en rompant le contact avec les autres et la réalité, en l'occurrence l'analyste, au moyen de systèmes de défense très rigides, et soulevant des difficultés cliniques très ardues. La méthode de l'auteur combine approche clinique, théorique et mythologique (deux chapitres sont consacrés à Œdipe de Sophocle). La notion de retraits psychiques est repérée dans des catégories cliniques très différentes, puisque John Steiner décrit ces états chez des patients psychotiques, névrotiques, borderline, narcissiques, et que son investigation balaie les registres de la névrose, de la psychose et de la perversion. « Les retraits psychiques varient, nous l'avons vu, à la fois par leur structure et par l'angoisse contre laquelle ils constituent une défense. Certains fonctionnent surtout contre les angoisses schizoparanoïdes de fragmentation et de persécution, alors que d'autres sont surtout utilisés pour éviter les affects dépressifs tels que la culpabilité et le désespoir. Tous, à des degrés divers, offrent un abri contre la réalité, et dans la plupart, sinon tous, on peut observer des mécanismes pervers » (p. 150).