You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il est fréquent, sinon habituel, de constater au cours, ou bien après l'analyse, un évident développement des capacités sublimatoires ou de la créativité, au sens le plus large des analysants. Il n'y a pas de difficulté à considérer ce fait d'observation comme un résultat ordinaire de l'élaboration des conflits au cours de la cure, d'un changement de but pulsionnel, d'un déplacement du choix d'objet, généralement souhaitables.
Cela fait-il pour autant de la sublimation une finalité de la cure ? Cette hypothèse entre-t-elle en contradiction avec la suspension de toute représentation-but de la part de l'analyste ? Cette idée est une constante de « La technique analytique » et se trouve développée dans les « Conseils aux médecins ». Tout particulièrement, on s'en souvient, la « sublimation » attendue du patient paraît relever d'un idéal analytique fâcheux, comme tout autre idéal ou tout but assigné à l'analyse.
Il n'est pas inutile de revenir à ces textes où, après avoir rappelé jusqu'à l'extrême la neutralité souhaitée de la part de l'analyste, comparé successivement à un récepteur téléphonique et à un miroir, Freud s'en prend tout spécialement aux dangers de l' « orgueil » thérapeutique ou éducatif de l'analyste. Certes, formule-t-il, on peut comprendre qu'il « mette son point d'honneur à faire du sujet (…) quelqu'un de particulièrement remarquable et qu'il lui propose de viser haut », mais « en les pressant trop de réaliser cette sublimation, (…) l'analyste risque de leur rendre l'existence plus difficile encore qu'elle ne leur paraît déjà ». Il doit « se contenter de… redonner certaines possibilités de travailler et de jouir de la vie ».
Bref, tel le chirurgien « laissant de côté toute réaction affective et jusqu'à toute sympathie humaine, il ne poursuit qu'un seul but : mener aussi habilement que possible son opération à bien ».