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Pour habiller de frais nos mémoires, rappelons comment F. Wittels était présenté par les éditeurs des Minutes de la Société psychanalytique de Vienne : « Fritz Wittels (1880-1950) était un homme très doué, un écrivain fécond, spirituel et plein de talent. Il adhéra à la Société du Mercredi en 1907. Un de ses livres, La détresse sexuelle, suscita une controverse animée. Il écrivit également un roman à clefs concernant le célèbre écrivain satirique Karl Kraus; ce roman contribua à séparer temporairement Wittels de Freud. Il démissionna de la Société en 1910. Il y fut réadmis en 1925, malgré l'opposition de certains membres. Il avait malheureusement écrit une biographie de Freud qui provoqua une critique très justifiée. Néanmoins, Freud le défendit et recommanda sa réadmission. Freud aimait Wittels et appréciait la richesse de ses idées. »2 Ajoutons que Wittels était médecin et qu'il émigra aux États-Unis au début des années 30; son véritable prénom était Siegfried mais il le jugeait trop glorieux et trop lourd à porter.
C'est une notice biographique un peu sèche et porteuse de jugement mais qui nous donne ainsi trois éléments-clés : l'insertion dans le milieu intellectuel viennois, l'appartenance au premier cercle psychanalytique, les différends avec Freud. Ce sont précisément ces éléments qui donnent de l'intérêt à ses Mémoires; hormis les premier et dernier chapitres, ils se concentrent sur les années 1904 à 1928 et présentent un panorama intellectuel de Vienne au moment de la montée en puissance de la psychanalyse; ce livre éclaire le