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En ouverture de ce numéro, on peut lire un article très intéressant de Philippe Jeammet sur la violence à l'adolescence. Dans ce travail très riche d'enseignement pour la clinique, l'auteur souligne tout d'abord l'importance de la dimension subjective dans le concept de violence. Celle-ci est en général déclenchée par une situation qui a une signification de rapproché relationnel pour le sujet.
L'effet de la violence est une « désubjectivation » pour celui qui la subit. Elle représente une défense contre une menace pour l'identité et reflète en miroir ce qu'éprouve celui qui l'agit. Le Moi en est la principale victime, qui n'est plus « maître chez lui mais se vit comme le jouet d'une force qui le dépasse. » La violence comporte une notion d'emprise sur l'autre et d'effraction des limites contraignantes. Elle provoque une coupure avec l'autre, mais est aussi une proximité quand elle va jusqu'au corps à corps. Ph. Jeammet la définit comme un comportement narcissique de défense de l'identité dont le but est essentiellement antiobjectal. Il rend compte de la violence en se référant à un rapport structural intrapsychique plus qu'à une dualité pulsionnelle. Ce serait un antagonisme potentiel entre besoin objectai intense et narcissisme mis en danger. La période de l'adolescence est propice à l'émergence de la violence : l'excitation pulsionnelle, la fragilité narcissique et la réactivité aux stimuli externes ouvrent la voie à cette dernière. Les réponses