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C'est avec un numéro spécial que nos collègues belges fêtent le quinzième anniversaire de parution de leur revue. Pour l'occasion, le choix du sujet qui relie une bonne partie des articles se porte sur une question majeure et combien d'actualité, de théorie de la technique. En effet, dans ce numéro il est question de l'interprétation, paramètre essentiel de la situation analytique. Certes, il ne s'agit pas pour les auteurs de traiter un tel sujet en ignorant qu'il alimente déjà un questionnement constant chez les psychanalystes et que de surcroît, il a fait l'objet de maints efforts de théorisation. C'est alors par l'angle moins travaillé jusqu'à présent, celui concernant le « style de l'interprétation », que les collègues de la Revue belge visent à apporter un approfondissement supplémentaire.
Ils le font en donnant la place en premier lieu à un invité de plus en plus présent dans les pages de la Revue belge, René Roussillon. Son court article se veut plutôt une introduction à la question de la stylistique de l'interprétation, après avoir questionné au préalable la pertinence même d'en faire l'objet d'une réflexion psychanalytique. Le style d'une interprétation vient ainsi se décliner au sein de la fonction « transitionnelle », opérant dans le cadre d'une cure singulière et du processus analytique qu'elle est appelée à faire se déployer, nous rappelle l'auteur. L'acte interprétatif, par ses multiples solidarités entre contenu et forme, touche tant à la dimension créative, voire « artistique » de l'acte lui-même, qu'aux enjeux latents et inconscients qui agissent, sans qu'on sache toujours en parler et en rendre compte de manière réfléchie. Cependant, on sait que la stylistique adoptée pour communiquer une interprétation mérite de ne plus être considérée comme un simple effet latéral dans le cadre analytique. Le style de l'interprétation n'est plus à concevoir comme un simple effet de la « spontanéité » de l'analyste. D'après R. Roussillon, les temps seraient mûrs po