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Dans le droit fil du précédent volume, qui était consacré à une remise en question du concept de « névrose de comportement », propre à la nosographie psychosomatique élaborée par P. Marty, ce numéro invite cette fois à reconsidérer la notion de « névrose de caractère ».
Alain Fine rappelle que dans les derniers écrits de P. Marty (après 90) cette catégorie très contestée disparaît, en même temps que se développe la prise en compte d'une certaine variabilité, dans le temps et selon les conditions, du degré de richesse ou de pauvreté quantitative et qualitative des représentations : entre les névroses « bien mentalisées » (où prédominent des symptômes mentaux organisés en psychonévrose) et les « névroses de comportement » (où prédomine la sensorio-motricité dans un contexte d'inorganisation psychique), émerge alors une nouvelle forme clinique dite « névrose polymorphe » associant aux symptômes mentaux des traits de caractère et de comportement, en une sorte d'équilibre instable complexe caractérisé par une mentalisation « incertaine et irrégulière, tantôt bonne tantôt mauvaise ». L'auteur s'efforce par ailleurs de montrer comment P. Marty s'est appuyé sur les diverses hypothèses freudiennes concernant la formation du caractère, tout en se livrant à une extension parfois très large de celles-ci. En effet, la construction du caractère à partir de fixations à des stades libidinaux et de processus identificatoires trouve chez P. Marty un développement très particulier, où le concept de fixation psychosomatique s'effectue à partir de « traces mnésiques traumatiques » étroitement liées à la personnalité maternelle : « la notion de fixation par transmission prend le pas sur celle d'identification ». En revanche, la « filiation » apparaît plus clairement entre la description faite par Freud du mécanisme des formations réactionnelles, qui s'effectue hors refoulement, et la prévalence des processus de contre-investissement et de répression considérés par P. Marty comme « résista