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Aujourd'hui, la psychosomatique ne constitue pas simplement l'un des champs de pertinence de la psychanalyse, elle en représente l'un de ses enjeux majeurs. Toutefois - et nous le savons bien - cette affirmation est-elle loin d'être admise par tous comme une évidence. Elle s'affiche plutôt comme une conception théorique parmi d'autres. Il convient donc d'abord de resituer le fait psychosomatique dans l'ensemble des contextes dont il participe. Ceux-ci sont au nombre de deux principalement: le contexte médical et le contexte psychanalytique. La médecine a, de bon droit et très tôt, occupé le territoire de la psychosomatique. Cela allait de soi puisqu'il concernait des malades dont la souffrance s'exprimait avant tout sur un plan somatique. C'est au médecin que le malade s'adressait tout naturellement. Dans l'histoire de la médecine, on peut repérer facilement des périodes d'exclusion, et d'autres périodes d'inclusion, de la dimension psychique de la maladie. Aujourd'hui, dans le contexte de la médecine occidentale dans lequel nous vivons, la dimension psychosomatique n'est pas toujours admise et, quand elle l'est, elle est soumise à des conditions limitatives qu'il faut ici préciser. Selon la conception médicale de la maladie, la dimension psychique se voit assigner un statut de facteur étiologique parmi d'autres. Habituellement on peut considérer qu'il s'agit d'un facteur adjuvant. Mais l'essentiel est ailleurs: l'unité de la conception médicale repose sur le génie biologique de la maladie à quoi tous les facteurs sont agrégés. Des disciplines scientifiques modernes, comme la neuro-psycho-immunologie, poussent le plus loin possible les implications de cette doctrine. Les effets de cette objectivation scientifique de la maladie ne sont pas difficiles à percevoir: le malade se voit interdit d'énoncer une parole, sa propre parole, au sujet d'une souffrance qui a précisément échappé au travail psychique. Il faut rappeler ici la remarque pleine de vérité de G. Canguilhem