You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La place de l'affect dans la vie psychique, si elle est reconnue comme centrale, continue de soulever des questions cliniques et théoriques. Le choix du thème du prochain Congrès de l'Association psychanalytique internationale en témoigne.
Freud dès les tout débuts de son œuvre assignait à l'affect un rôle essentiel non seulement dans la compréhension des phénomènes hystériques mais dans celle même du processus de guérison, où la catharsis, sorte de décharge affective, tenait une place prépondérante. Depuis, la théorie psychanalytique de l'affect a décliné les propositions freudiennes qui avaient attaché à la représentation une dimension économique dont témoignait l'affect, le quantum d'affect désignant la quantité d'énergie pulsionnelle liée à la représentation dont l'affect est le résultat. Le devenir des affects était lié au destin des représentations correspondantes.
En 1972 dans un article intitulé « La perversion affective » Christian David décrivait la recherche exquise de l'affect pour lui-même. Tirée de l'expérience même de la cure psychanalytique cette provocation délibérée de l'affect lui est apparue comme un aspect plus général du fonctionnement psychique. L'investissement de l'affect pour lui-même pouvait alors être considéré comme consubstantiel au processus de psychisation de l'instinct et au mouvement qui substitue au plaisir génital de décharge pulsionnelle le plaisir relevant de la participation affective et fantasmatique. Lorsque ce processus – qui se développe chez tout un chacun – rompt ses liens avec la réalisation des buts pulsionnels « on voit le désir amoureux ne plus tant viser à l'accomplissement de l'acte sexuel que la réalisation d'une jouissance purement affective à la recherche d'une sorte d'orgasme psychique. Le versant psychique de la pulsion va se développer de façon dissociée de la satisfaction physiologique et peut, à la limite, s'organiser en vase clos. La satisfaction devient celle que le