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A l'occasion de ce Congrès dont le thème central est « L'affect dans la théorie et la pratique psychanalytiques », la constellation thématique proposée par le Comité du programme pour la séance de jeudi nous amène à poser une question préalable. Doit-on s'attendre à ce que, ce jour-là, la discussion soit axée sur trois aspects – discernables et bien distincts – de la théorie psychanalytique, ou bien que soient mises en évidence l'architecture des relations structurales qui lient l'affect au langage et la façon dont les affects sont communiqués? S'il s'agit de cette seconde éventualité, l'on pourrait proposer un titre qui concorde avec cet exposé: « La communication des affects par le biais du langage », ou peut-être, « Le langage et la modulation des affects: une investigation psychanalytique », ou encore, « Au-delà du langage: la communication des affects ». Si, comme le prétendent les classiques, le titre est le catadioptre d'un texte, nous nous retrouverions donc en train d'anticiper sur un monde de différences. C'est dire aussi combien la psychanalyse aujourd'hui ne s'exprime pas de manière univoque.
Peut-être conviendrait-il de commencer en nous référant au langage en tant qu'il a contribué à l'instauration de l'ordre moderne. Enracinée dans le sol de la modernité, la psychanalyse a très largement questionné les fondements du langage. Elle a eu pour conséquence de renforcer le soupçon quant au fait qu'une déchirure se serait produite entre les mots et ce qu'ils étaient censés nommer. Ainsi, le soupçon qui avait assailli sans relâche la conscience