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Le livre de Michèle Perron-Borelli, solide, bien écrit, est en prise directe avec sa grande expérience psychanalytique et trouve place dans l'actualité de certains débats de grande importance. Il se donne comme objectif de « cerner la spécificité du fantasme par les fonctions particulières de l'activité fantasmatique au sein de l'ensemble des processus qui définissent l'activité psychique » (p. 29).
Loin de n'être qu'un contenu, un produit de l'activité psychique et de l'élaboration des conflits intrapsychiques par le moi, le fantasme est structuré et structurant. Sauf fixation pathologique, il a un potentiel de transformation qui doit être situé par rapport aux destins des pulsions, d'une part, et aux relations d'objet, d'autre part. Dans l'œuvre de Freud, la notion générale de représentation englobe celle de fantasme, mais « elle reste, du fait même de sa généralité, beaucoup plus composite sinon ambiguë ».
Auteur avec Roger Perron d'un important rapport de congrès sur les liens entre fantasme et action, publié dans la Revue française de psychanalyse (Fantasme et action, 51, 2, 539-637), Michèle Perron-Borelli donne ici les fruits d'une réflexion après-coup sur les fonctions des représentations d'action dans la structure et dans la genèse du fantasme. Elle écrit: « L'organisation structurale du fantasme a pour fonction essentielle de mettre en relation le sujet et l'objet de son désir par la médiation d'une représentation intermédiaire dont le prototype est une représentation d'action » (p. 36). Et, un peu plus loin: « Dans tous les cas de figure permis par la structure fondamentale, c'est toujours une représentation d'action qui fait lien entre les protagonistes du fantasme… –