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Le livre de Jacqueline Schaeffer prolonge les réflexions sur le féminin dans les deux sexes qui sont menées actuellement par les psychanalystes. Il marque une étape importante de cette démarche par la place qu'il donne à la pulsion sexuelle, poussée constante, à laquelle le Moi doit se confronter.
L'auteur a centré son propos sur le féminin sexuel. Il lui apparaît que c'est la relation sexuelle de jouissance constituant le féminin érotique qui est le plus refoulé.
La thèse centrale de son ouvrage, fruit d'un travail théorisé avec Claude Goldstein, est que « plus le Moi admet de pulsion sexuelle en son sein, plus il a accès à la jouissance sexuelle, et plus il est riche, mieux il vit, mieux il aime, moins il est malade et mieux il pense ».
Le féminin est le fruit de l'évolution du Moi sous l'effet de trois effracteurs nourriciers: 1 / la poussée constante de la libido, 2 / la différence des sexes, et 3 / l'amant de la relation sexuelle de jouissance. Ces effracteurs vont transformer le Moi et lui permettre d'accéder au plus accompli de la femme. Il lui faut en passer par ce que Jacqueline Schaeffer nomme sa défaite pour que se constitue un masochisme érotique féminin.
Le refus du féminin est l'entrave qui empêche de penser le pulsionnel dans les deux sexes; car l'homme dont le pénis est le lieu de la poussée constante,