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De la solitude, Freud parle peu. Comme le silence et l'obscurité, elle éveille, mentionne-t-il dans « L'inquiétante étrangeté », « une angoisse infantile qui n'est jamais tout à fait éteinte ». Dans Malaise dans la civilisation, la solitude apparaît dans sa dimension extrême, celle d'un isolement volontaire. L'érémitisme est alors un moyen de protection qui permet d'échapper à la souffrance des relations humaines, et dont la névrose pourrait être le paradigme.
Plus de dix ans après le numéro « Être dans la solitude » de la Nouvelle Revue de psychanalyse, Topique reprend le sujet. Par-delà l'effet de mode, l'utilisation du pluriel Solitudes est l'indice non seulement d'un dépassement des deux seules acceptions proposées par Freud, mais d'une pluralité d'approches pour que soient déclinés d'autres sens, d'autres fonctions de la solitude. Mais, au fil des articles, se révèle presque toujours le passage, que le parcours psychanalytique assurerait, de la détresse de l'esseulé à la conquête nécessaire de l'autonomie au sens winnicottien, la « capacité à être seul en présence de l'autre ».
L'analyse de Paul-Laurent Assoun des deux termes allemands, Einsamkeit – l'être seul, dans l'état de solitude de celui qui est sans relation à d'autres – et Alleinsein – l'être seul au monde et à l'Autre, de celui qui ne peut compter sur l'Autre – module différentes formes de solitude et souligne ce qui serait le point de départ d'une évolution à accomplir.
A travers une relecture des grands mythes fondateurs de la psychanalyse, de Narcisse et d'Œdipe, en leurs différentes versions, s'affirme en effet la démarche qui conduit, pour reprendre le titre de Marc Bonnet « De l'isolement tragique à l'indispensable solitude », du repli narcissique à une solitude comprise, dans la résolution de l'Œdipe et de ses avatars, comme séparation inaugurale de l'avènement du sujet.
Ainsi, s'accorde-t-on à démontrer, de façon quelque peu exemplaire, le chemin à parcourir, de l'enfermement à la « vraie solitude