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Voilà un grand et fort beau livre. Plus qu'un essai, une œuvre, pensée, élaborée et qui devrait, à mon avis, ne pas quitter nos mains et nos oreilles de lecteur et d'écouteur. Enfin, un vrai Freud posthume dans ses Paralipomènes.
Finie cette idiotie, et cette imposture du « Retour à Freud », qui n'était que se mettre à la place de Freud en l'évacuant. Heidegger avait déjà commis, lui aussi, cette imposture avec son « Retour aux Grecs ».
Ici, c'est Retour aux manuscrits avec Histoire des Éditions, Paysage des manuscrits, Esquisse pour une future édition critique; conjecture sur les résultats et impact.
Il y a un travail de scrutateur et de philologue, car, dans le « retour à Freud » le ou « retour aux Grecs », la philologie absente devenait une tératologie linguistique. La terra cognita des manuscrits est enfin défrichée avec compétence et exhaustivité.
Les « manuscrits » examinés font valoir la nature des mouvements du texte vers lui-même, donc en lui-même. C'est un vrai procès créatif. L'auteur a compris que ce n'est pas le seul texte, dans son autosuffisance, qui compte, mais sa dynamique d'écriture; on y voit le passage de l'intime du manuscrit au « public » du texte de l'œuvre.
C'est dire « non » à ces attitudes pseudo-modernisantes de la déconstruction, c'est-à-dire à l'émiettement des totalités, non « idem » à l'idée fausse d'un texte originaire, d'un Ur-Text, avec sa kyrielle de concepts d'où le dogmatisme des doxa ambiantes, et toutela scolastique des mécanismes.