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Vaste sujet, original, que celui abordé dans ce numéro de la revue, Le Fait de l'analyse, consacré aux organes. Plus que sur l'image d'un corps libidinal, érotique, avec ses zones érogènes reconnues ou pas, ou encore d'un corps morcelé, l'accent est mis sur l'organe en tant que tel dans sa fonction ou dans son atteinte, avec ou sans symbolisation, dans son mystère aussi, dans son impossible dévoilement. Ne vit-on pas à une époque de dons d'organes, d'opérations chirurgicales spectaculaires, ou encore, dans l'art pictural, pour ne citer que Picasso ou Francis Bacon, de représentations de corps déformés, torturés ou informes? Ainsi, au-delà de l'organe, serviteur des pulsions sexuelles et du moi, il s'agit non seulement de dire le lieu ou le saut entre psyché et soma et entre soma et langage, mais aussi d'aborder la chair sous ses aspects les plus étranges et parfois les plus rebutants, les plus insaisissables. Viscères, paupières, têtes, sexes, hymens, bras, ventres, entrailles… sont ici considérés indépendamment, comme séparés, isolés. Certains titres sont évocateurs: « Les viscères ou comment s'en débarrasser », « La valse des têtes », « Le peu de bras », « Le ventre retourné »… Mais devant l'ampleur du sujet traité, on ne retiendra que quelques articles plus directement en rapport avec la pensée freudienne.
A partir de la référence à l'Homme aux loups « avec son monde et soi déconnectés et vivant leur propre vie », Paul-Laurent Assoun développe ce qui, dans l'apport freudien, se lie au sexuel – dont le plaisir d'organe est le précurseur actif – et pose la question essentielle du passage de l'un à l'autre. Son « organologie freudienne » passe en revue les différentes figures possibles, de