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L'histoire de la formation à la dynamique de groupe montre que les groupes centrés sur la tâche ont été laissés de côté, de façon surprenante, par les cliniciens au profit de l'étude des groupes thérapeutiques ou centrés sur le groupe. Or, les phénomènes qui prennent place dans les groupes opérationnels, s'ils peuvent être éclairés en partie par les recherches menées dans ces cadres-là, présentent aussi des caractères spécifiques.
Nous essaierons de montrer, en particulier, comment les groupes « opérationnels » oscillent entre surstructuration et sous-structuration de l'organisation du travail. Ces deux pôles seraient le produit d'anxiétés archaïques et constitueraient des modalités défensives fréquentes: dans le premier cas – la surstructuration – une lutte contre l'émergence du pulsionnel, de la complexité, du chaos, maîtrisée par la bureaucratisation; dans le second – la sous-structuration – une lutte contre la différenciation (en résonance avec l'imago maternelle) contre la reconnaissance des compétences et la rivalité conduisant à une pseudo-démocratie.
De la compréhension des processus en jeu à ce niveau dépend la mise en œuvre d'une forme de démocratie au quotidien « sans complaisance », plus authentique et profonde que celle conçue par une psychosociologie non psychanalytique.