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Deux livres du même auteur qui, chacun à leur manière, prennent résolument du champ quant aux styles, si variés fussent-ils, de nos textes scientifiques. Cette distance vise à mieux voir, tout en se faisant plus proche du mouvement vivant qui anime, complique ou éclaire la rencontre entre l'analyste et l'analysant; à quoi s'ajoute aussi bien l'éventuelle participation du superviseur et de son groupe. Et pour le premier de ces ouvrages, le regard et l'écoute se resserreront autour du mot, qui s'élargit d'un même coup aux infinis de l'horizon, d'où il prend sens au-delà de lui-même, dans la réciprocité des ignorances quotidiennes et la découverte d'un jour que se partagent les deux protagonistes du voyage analytique. L'autre se fait plus libre en apparence, empruntant au récit la possibilité de sortir de la seule situation analytique, pour placer celle-ci dans les réalités environnantes des actes et des événements.
Moi, Monde, Mots, ce pourrait être la réflexion d'un psychanalyste sur la poésie, s'il n'y avait chez l'auteur le souci de ne vouloir en aucune façon la définir ou l'expliquer, ni encore moins en fournir une clé psychanalytique qui la fermerait sur elle-même, sans plus ouvrir sur rien. Un rien, pour attraper le mot, qui est le tout ce qu'elle dit. Différentes sans indifférence réciproque, psychanalyse et poésie n'ont de dialogue qu'à s'inspirer d'une même source pour une création qui retrouve un sens étymologique commun, mais dont les qualités et les intentions respectives ne se recouvrent pas. Aussi bien François Gantheret se garde-t-il d'aucune explication métapsychologique de ce qu'est l'esthétique, proche peut-être, sans qu'il nous le dise, de la résignation (qui n'était pas sans