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Dans la nosographie psychosomatique de P. Marty, les « Maladies à crises » correspondent à des affections somatiques dont les manifestations sont répétitives mais réversibles, et demeurent localisées à un système fonctionnel ne mettant pas en jeu le pronostic vital. Elles sont opposables tant aux maladies « évolutives » (désorganisation progressive jusqu'à la mort) qu'aux conversions hystériques, et viennent pallier les carences des défenses psychiques lorsque le Moi se trouve débordé par une surcharge d'excitations traumatiques inélaborables. La voie somatique est alors utilisée pour écouler celles-ci, selon un processus de régression à un « palier de fixation somatique », qui immobilise la désorganisation jusqu'à la reprise du fonctionnement psychique momentanément interrompu. Si ces maladies temporaires peuvent atteindre tout être humain (Freud lui-même souffrait de migraines…), la fréquence de leur survenue indique une irrégularité du fonctionnement préconscient renvoyant aux névroses de caractère « mal mentalisées ».
Au fil des textes, pour la plupart remarquables, collectés dans ces deux numéros, on verra certains auteurs insister tantôt sur le versant psychiquement déficitaire de ces maladies, tantôt sur leur potentiel réorganisateur. Les rapports entre crises hystériques et crises somatiques seront par ailleurs vivement discutés. Enfin, l'épineuse question d'une éventuelle « mémoire somatique », liée au poids des traumatismes ultraprécoces et à la qualité psychique de l'environnement originaire fera l'objet de passionnantes controverses.
Diane L'Heureux-Le Beuf nous offre comme à son habitude une réflexion théorique très fine et nuancée, solidement ancrée dans la chair de la clinique.