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Il aura fallu cinquante ans pour qu'un certain nombre d'entre nous s'autorisent à revenir sur le passé et à transmettre leur expérience concentrationnaire aux générations futures. Dans ce bref article, je m'interroge: le traumatisme était-il indicible ? Redoutions-nous de ne pas être entendus ? Un consensus s'est-il établi entre les déportés et les « autres » ?
Psychanalyste, résistante dans le Vercors, déportée à Ravensbrück, j'essaye, à partir de mon expérience personnelle d'en comprendre les raisons, de réfléchir sur l'apport et les limites de l'application des théories psychanalytiques mais aussi de montrer comment une telle expérience peut enrichir l'écoute de l'analyste. Il m'a semblé qu'au cours d'une analyse plus que l'interprétation souvent vécue comme intrusive et persécutrice, c'est la qualité de la relation transférentielle et contretransférentielle qui permettra au déporté de se sentir accompagné dans son travail de mémoire.