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La loi appliquée, monument et monument commémoratif des conflits raciaux et ethniques et de leurs victimes, offre la sécurité dans le cadre de laquelle les souvenirs « peuvent se jouer », dans laquelle les frontières, notamment celles de l'identification peuvent être traversées. Le passage et re-passage exploratoire de frontières entre différentes identifications et de leurs jeux de mémoire constituent une partie essentielle du traitement psychanalytique. On peut reformuler la question d'Angelergues et Weil de la façon suivante: « Qu'en est-il de l'analyse après la destruction traumatique de la loi ? »
En passant du domaine clinique à celui de l'application d'idées psychanalytiques à des interventions sociales visant à empêcher des cataclysmes futurs, j'ai examiné une partie de l'histoire de l'activisme social psychanalytique et considéré les façons dont les sociétés « commémorent » le traumatisme. Se concentrer sur la victime plutôt que sur le criminel peut servir à rendre un monument commémoratif acceptable mais diminue aussi son efficacité. Dans l'état actuel de nos connaissances, la loi que l'on applique est le monument commémoratif doué du plus fort pouvoir contre la répétition d'événements horribles.