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Ce titre pourrait se décliner ou plutôt se dérouler: guérir du mal d'aimer, guérir le mal d'aimer, mourir du mal d'aimer, aimer le mal de mort, meurtrir le mal d'aimer, meurtrir enfin, l'amour de mort…
Il n'est pas pour surprendre le lecteur que ce livre poétique au sens étymologique du terme se termine sur le paradoxe d'une veine romantique dans La rose de personne de Paul Celan et compare certains aspects du pessimisme freudien à Novalis, « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit » avait, il y a longtemps, écrit Angelius Silésius dans son Pellerin chérubinique. Le mal d'aimer la mort, ou bien plutôt nos morts intimes, fleurit aussi parce qu'il fleurit comme donnée intrinsèque du psychisme humain. Il différerait pourtant de la déliaison de la pulsion de mort, se situerait hors topique et doit s'entendre comme « la fulgurance qu'a l'esprit de s'identifier à l'œuvre de mort » (p. 297).
Cette façon originale de penser la mélancolie comme désir insensé et secret de tout humain, femme ou homme, sage ou fol, en fait selon moi un organisateur-destructeur de la pensée elle-même et pourrait se décrypter comme fantasme inconscient d'être l'élu d'un objet d'autant plus passionnel qu'il est toujours perdu.
Que l'on suive l'auteur ou non, il faut lui reconnaître une connaissance de la métapsychologie et une audace de penser peu communes, sans cesse soutenues par une écriture passionnée dont la qualité littéraire ne se dément jamais.