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En rassemblant dans cet ouvrage des textes qui s'échelonnent sur une période de vingt ans, Nathalie Zaltzman nous permet d'apprécier la consistance de son cheminement théorico-clinique, organisé ici autour de quatre grandes questions: le lien social, la réalité humaine, les pulsions de mort, et la tâche de reconnaissance et de transformation de cette réalité et de ces pulsions, assignée au travail psychanalytique et au « travail de civilisation ».
N. Z. insiste sur la spécificité de la guérison analytique au regard de la guérison symptomatique. Elle va s'attacher à démontrer que la psychanalyse est à la fois œuvre de guérison et œuvre de culture et que la guérison par l'analyse peut être articulée à ce que Freud désigne comme Kulturarbeit dans les Nouvelles conférences, puis Progrès dans la vie de l'esprit dans « L'homme Moïse et la religion monothéiste ». Elle définit la Kulturarbeit comme une œuvre individuelle-collective de transformation de la réalité humaine. Ce livre est un livre de combat pour la psychanalyse freudienne; il porte notre attention sur la question des ambitions légitimes de la psychanalyse et nous fournit les moyens de mieux faire face aux attaques dont elle est aujourd'hui l'objet, ainsi qu'aux réductions psychologisantes. Une écriture dense, frappée, vivifiante, vient témoigner de la complexité d'une écoute analytique. N. Z. nous interroge sur les garanties qu'un patient est en droit d'attendre de son psychanalyste. Elle tisse avec justesse sa clinique, les tragédies de notre siècle et les œuvres de culture de l'humanité.
Je partirai de l'article qui, au cœur même du livre, explore cette conception originale de la guérison: « Faire une analyse et guérir: de quoi ? » (1993);