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De Smirnoff, nous connaissons tous son livre sur La psychanalyse de l'enfant2, ouvrage remarquable, soigneusement mis à jour à chaque édition, que sa clarté et sa précision ont transformé en ouvrage de référence, particulièrement pour les étudiants, comme on pouvait dire autrefois en d'autres territoires « le Lavisse » ou « le Lalande »; il y a une assurance tranquille et argumentée dans ce livre – probablement venue de trente années d'expérience institutionnelle de l'auteur comme pédopsychiatre – qui donne une place à ce champ clinique qu'il n'a pas toujours au sein des sociétés de psychanalyse.
Le titre évocateur du présent ouvrage avait d'abord été donné par V. Smirnoff à sa contribution à un ouvrage collectif allemand en quatre gros volumes, Psychoanalyse in Selbstdarstellung, où des psychanalystes de tous les pays ont rédigé leur « autoprésentation »; V. Smirnoff est le seul Français à avoir eu cet honneur; Marie Moscovici qui a réuni et présenté le recueil de ces dix articles (1969-1987, dont un inédit) a jugé pertinent de reprendre ce titre pour l'œuvre de ce voyageur et ce polyglotte par nécessité que fut Victor Nicolaïevitch Smirnoff (1919-1994) né à Pétrograd, émigré à Berlin (1921) puis à Paris (1929); il convient de mentionner aussi un séjour de deux années aux États-Unis. Outre ses origines russes, ce sont peut-être son polyglottisme et son cosmopolitisme qui avaient conduit Masud Khan à le surnommer « Pnine », héros éponyme d'un roman de V. Nabokov qui portraiture un professeur de russe au cœur des États-Unis, Russe émigré et décalé. Issu d'un milieu de médecins appartenant à l'intelligentsia russe qui nourrira sa culture,