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Si l'on s'attache aux sommaires de l'International Journal of Psycho-Analysis, il apparaît que la recherche en psychanalyse, depuis quelques mois,
est un thème récurrent, et qu'il préoccupe beaucoup les analystes anglo-saxons, suivis en Europe par les Britanniques et les Allemands, puis par les analystes d'Amérique latine. Il s'agit, semble-t-il, de trouver une « légitimité scientifique » en s'alignant sur les recherches des sciences exactes. Au-delà de cette légitimité scientifique se profile un arrière-plan politique, le « politiquement correct », qui s'exprime par une sorte de « passion de l'égalité ». Mais celle-ci ne peut-elle pas, paradoxalement, aboutir à d'autres formes de tyrannie ?
Un thème, on pourrait dire une controverse, divise les psychanalystes américains, sur la question de l'intersubjectivité et du contre-transfert. Au cours d'un colloque récent (Controverses actuelles dans le mouvement psychanalytique américain, février 1999), Janine Chasseguet-Smirgel note qu'une « vision basée sur le caractère intersubjectif, interréactionnel de la situation analytique risque de faire passer l'analyste à côté de son caractère foncièrement inégalitaire, l'essence même du drame sexuel de l'enfant et de la tragédie œdipienne se jouant dans l'inévitable différence de statut des deux protagonistes de la cure ».
Ainsi, un long article signé par Robert Wallerstein et Peter Fonagy (vol. 80, Part 1), sous le titre « La recherche en psychanalyse et l'API: son histoire, son statut aujourd'hui et ses perspectives d'avenir », retrace l'histoire de la recherche formelle en psychanalyse, tant comme théorie que pratique. La réticence de Freud vis-à-vis de la recherche formelle – il jugeait que les très nombreuses heures qu'il passait dans son cabinet suffisaient à valider sa théorie – a marqué cette science naissante. Les analystes en grande majorité estiment (Ramzy, 1962) que « la méthode psychanalytique peut être considérée à ce jour comme le meilleur moyen de compréhension d