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La haine de transfert est envisagée dans sa forme radicale quand elle vient totalement submerger le tableau clinique, sidérant le processus analytique. Il s'agit de patients ayant souffert de carences narcissiques précoces. L'auteur avance l'hypothèse d'une haine primaire signant une indistinction sujet/objet dans un en-deçà de l'ambivalence.
À partir d'une illustration clinique, l'auteur dégage les principales caractéristiques de ces patients: porteurs d'un lourd passé analytique. L'analyse précédente a fait voler en éclats des identifications fragiles, les contre-investissements et formations réactionnelles mis en place jusque-là. La haine reste la seule ressource pour tenter de se dégager de l'indistinction dans un mouvement permanent d'incorporation à l'identique/excorporation.
Le transfert devient psychotique en raison d'un surinvestissement de la perception de la personne de l'analyste sans le plus petit écart. Il est essentiel pour l'analyste de ne jamais perdre de vue la coexistence d'un transfert positif, pour ne pas courir le risque d'un contre-transfert haineux.