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Sous le titre volontairement provocant de son dernier chapitre consacré à la relation médecin-malade, est paru, en 1997, un recueil de textes de Didier Weil, disparu quelques mois auparavant, retraçant les principales étapes de son engagement de pédopsychiatre de service public.
Le premier chapitre du livre passe en revue les vingt dernières années; leurs espoirs liés à des points de vue aussi radicaux qu'opposés en matière de déterminisme des maladies mentales, les illusions puis les désillusions quant à la thérapeutique qui les ont accompagnées. Force est de constater que ni la psychanalyse ni la biochimie, fût-elle moléculaire, ne sont venues à bout, à elles seules, de l'autisme ou des psychoses graves. Des hommes, inspirés par des idées différentes, ont pourtant su faire changer le paysage de la psychiatrie; D. Weil cite Bonnafé, Daumezon, Paumelle, Lebovici et Diatkine. Ils ont créé un mouvement collectif qu'il appartient à la génération suivante de prolonger et d'étendre grâce à une politique hospitalière réformatrice résolue et responsable. La psychiatrie infanto-juvénile a été particulièrement en pointe pendant cette période. La sectorisation représente un progrès considérable; elle doit être poursuivie pour donner aux institutions psychiatriques les moyens de l'avancée thérapeutique et de la prévention; un cadre législatif est indispensable pour fédérer ces efforts mais il implique que les médecins et les administrateurs partagent les responsabilités éthiques — soigner le mieux possible — et économiques. Une politique de santé ne peut exister qu'à ces conditions.