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En 1907, Freud tombait sous le charme des textes de Jensen (1837-1911), cet auteur allemand, son contemporain, son frère. Cela a donné ce très beau morceau de littérature psychanalytique « hors cure », Délires et rêves dans la « Gradiva » de Jensen. Encore ici, il s'agira d'une rencontre avec un texte et par-delà ce texte, avec des personnages, la fin d'un XIXe siècle et un peu de l'histoire de la psychanalyse dans son croisement ou dans « ce transfert originaire » avec la littérature2. Déjà Freud nous avait signalé cette nouvelle qui, jumelée à deux autres, Le parapluie rouge et Gradiva, se trouvent réunies sous le titre de Puissances souveraines. Déjà Freud nous indiquait l'intérêt pour ce récit où se joue « le développement d'un amour consécutif à une communauté intime, presque fraternelle, des années d'enfance. »3
Nous voici une petite histoire toute fraîche, pleine d'onirisme, de mystère, de magie. Dans les teintes du romantisme tel que le définit l'Allemagne de l'autre siècle: l'homme qui se promène et se retrouve, si petit, devant la grande nature qui se déchaîne en ciel menaçant, en vent, en orage. Sturm und Drang. La lumière des saisons toujours notée dans la mobilité de ses variations chromatiques. La forêt, son ombre, son épaisseur, son parfum, ses éclaircies, ses abris. Les diables et les sorcières qui peuvent sortir des grottes et des marais. L'insistance sur les visages, leur teinte sombre ou livide. Les questions