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Pourquoi consacrer un livre entier à la notion d'« emprise », que beaucoup d'analystes sans doute jugent mineure, latérale à une métapsychologie où elle s'intègre mal, une notion à laquelle Freud lui-même accordait assez peu d'intérêt? Paul Denis, qui a fait le compte, en a trouvé en tout dix-sept mentions dans l'ensemble des écrits de Freud (sous la forme simple Bemächtigung, ou dans des composés comme Bemächtigungstrieb, Bemächtigungsapparat, etc.); c'est d'ailleurs surtout au début de son œuvre, dans les Trois essais, en 1905, qu'il lui accorde quelque importance, se limitant ensuite à des allusions épisodiques, pour la plupart dans la période 1910-1920. Dix-sept, écrit Paul Denis, « C'est bien peu pour avancer qu'il s'agit d'une notion qui devrait avoir une place centrale dans la théorie psychanalytique. » C'est pourtant la visée affirmée de cet ouvrage; et, l'ayant lu, l'analyste qui pensait la notion sans grand intérêt devra réviser son jugement. Car la démonstration est remarquable de cohérence.
La thèse est claire et forte, exposée dès le titre, et présentée d'entrée de jeu en quatre pages liminaires concises. Il s'agit de rien moins que de reformuler tout le problème de la pulsion, à considérer non pas comme un donné originel, mais comme une composition de forces, plus précisément de deux forces, ou « formants », le formant d'emprise et le formant de satisfaction. Or Paul Denis considère comme beaucoup d'analystes de langue française — mais à la différence, on le sait, de ce qui prévaut ailleurs — que la notion de pulsion