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Le Livre V du Séminaire de Lacan, édité à Paris en 1998, couvre l'année scolaire 1957-1958. Comme chaque volume du Séminaire, il faut le lire comme un témoignage sur une pensée en marche, qui bute sur des contradictions, se répète, et cherche à convaincre un auditoire où se trouvent non seulement des analystes en formation, mais aussi des collègues, des patients, et de nombreuses personnes cultivées, intéressées par la psychanalyse. C'est un séminaire de textes, obéissant au mot d'ordre du « retour à Freud »: Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient y est étudié de façon détaillée, ainsi que, sur un mode plus superficiel, plusieurs autres écrits (On bat un enfant; le « cas Dora », le cas « Elizabeth von R. », Totem et tabou, plusieurs rêves de L'interprétation des rêves). Dans son enthousiasme, Lacan attribue souvent à Freud, avec beaucoup de sérieux, ses propres idées, comme le « désir de reconnaissance » (p. 245), le « signifiant phallus » (p. 378), le « signifiant » (p. 233, 235, entré autres), les identifications imaginaires (p. 227). Mais tout en retournant ainsi à l'inventeur de la psychanalyse, il ne dissimule pas ses critiques. Il trouve nul le chapitre de Freud sur le comique (p. 109). Le principe de Nirvana, et la pulsion de mort le font « légèrement… sourire » (p. 246). L'idée que « l'ontogenèse reproduit la phylogenèse » lui semble une « référence fondamentale de l'obscurantisme moderne… plus imbécile que le… catéchisme » (p. 315). La technique interprétative de Freud est fautive: Freud donne des conseils et intervient à côté (p. 322). Lacan n'accepte pas le point de vue économique, par exemple dans la compréhension du mot d'esprit. Et surtout, comme d'autres analystes à la même époque, il reproche aux topiques freudiennes