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Il y a des circonstances qui amènent une revue à sortir de sa configuration habituelle et à disposer de son espace pour rendre un hommage collectif à un des siens. C'est le cas de ce numéro de la Revue des collègues belges qui est entièrement consacré aux articles écrits par André Alsteens, au cours de ces quinze dernières années, avant sa récente disparition.
Marie-France Dispaux, dans l'éditorial, évoque non sans émotion la présence d'André Alsteens au sein de la vie scientifique de la SBP et rappelle la collaboration active de celui-ci pour l'existence même de la Revue. L'hommage à ce collègue ne pouvait mieux être réalisé qu'à partir de ce qu'Alsteens a su transmettre de son expérience d'analyste, par les écrits qu'il avait déjà destinés à la Revue. Ceux-ci sont alors reproduits ici, en formant une sorte de monographie, avec une bonne douzaine d'articles regroupés selon une logique chronologique. Celle-ci a l'avantage d'une lecture qui permet de repérer au fil des thèmes abordés, tant l'évolution du questionnement propre à Alsteens, que celle de sa réflexion et de sa recherche singulière. Une cohérence se dégage en après-coup. Abordée selon des angles différents, c'est la clinique de l'adolescence qui est centrale dans la préoccupation de cet auteur. Elle lui inspire des réflexions tant sur des thèmes théorico-cliniques comme celui du narcissisme – son rôle, ses entraves dans l'identification du soi, avant l'entrée dans sa configuration mature – que sur la théorie de la technique. Le cadre, sa fonction, son maniement pour favoriser le processus analytique et la rencontre singulière qui le soutient, sont aussi constamment interrogés. Pathologie du narcissisme, fonction du cadre, le travail adolescent comme paramètre, sont des préoccupations communes à un nombre croissant d'analystes; l'apport théorique d'Alsteens pourrait apparaître parfois d'allure modeste. Cependant, on reste frappé par l'étendue de ses références à une vaste palette d'auteurs contemporains, tém