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Christopher Bollas, membre de la Société britannique, enseigne aux États-Unis depuis quelques années. David Sundelson est juriste. Ensemble ils ont écrit un livre qui est un cri d'alarme sur la dégradation de la confidentialité chez les psychothérapeutes américains, mais qui vaut dès maintenant pour la France.
La confidentialité est une condition indispensable du travail analytique. Si le patient a des raisons de croire que, dans certains cas, elle ne sera pas respectée par l'analyste, il lui est impossible d'associer librement. De même, l'analyste ne peut écouter d'une oreille également neutre tout ce que lui dit le patient, s'il doit prendre au pied de la lettre certains aspects agressifs ou érotiques du matériel et y répondre autrement que par des interprétations. Ce principe absolu a toujours souffert quelques exceptions, sur lesquelles les auteurs reviennent avant d'aborder la véritable révolution qui se produit actuellement.
D'abord les analystes qui traitent certains patients à risque ont toujours accepté l'éventualité d'un terrible dilemme si ces patients devenaient dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui: ou bien prendre leur discours manifeste au sérieux, quelque en puisse être le contenu latent, et assurer la protection du patient, de sa victime éventuelle, et parfois de l'analyste lui-même, et compromettre gravement la cure. Ou bien laisser un crime ou un suicide se commettre, et engager sa responsabilité légale. Les auteurs rapportent en détail plusieurs cas qui ont fait jurisprudence aux États-Unis. Un patient du Centre de santé mentale