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Le fait de la séduction comme événement subi, son devenir dans la psyché en tant que matière de l'activité fantasmatique, restent parmi les interrogations centrales de la psychanalyse. Comme il est rappelé à maintes reprises dans les articles de ce numéro du JPE, dans sa pratique et dans sa théorie Freud s'est trouvé confronté à des réalités cliniques se rapportant aux faits de la séduction. Ses postures théorisantes à l'égard de ces faits-là, sans négliger jamais complètement l'événementiahté des épisodes subis à répétition par l'enfant, ont cependant abouti chez lui à l'identification de la réalité interne et à la description de la logique de la psychosexualité infantile. L'abandon par Freud de la croyance aux dires de la « neurotica », n'a cependant pas cessé d'être questionné. Pour des raisons multiples, et non sans rapport avec l'actualité de faits de société, l'interrogation sur la séduction des enfants – sous la forme d'abus sexuels en particulier – et sur ses ravages pour la structuration de la personnalité, peut être à nouveau posée à la psychanalyse contemporaine. Celle-ci est-elle parvenue, et dans quelles formes, à une élaboration plus fine du dilemme entre réalité de l'événement et réalité du fantasme, sans que dans cette opération elle perde la spécificité de son approche du fait séduction?
Trois théorisations majeures de psychanalystes contemporains sont utilisées comme références par les auteurs de la plupart des articles contenus dans ce numéro: celle de Laplanche concernant la « séduction généralisée », celle de Racamier sur la « séduction narcissique » et l'incestuel, et enfin celle de D. Meltzer sur le « conflit esthétique ».
En ouverture du numéro, on peut relire avec beaucoup d'intérêt l'article de Jean Laplanche (1990, in Études freudiennes). Il est reproduit ici in extenso et avec un complément intéressant constitué par la réponse de l'auteur aux réserves émises à l'époque par Conrad Stein. « La généralisation que j'opère… n'est pas un passage