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La notion de répression, si l'on souhaite lui réserver une valeur métapsychologique spécifique, ne prend son sens que par rapport au refoulement, et c'est vers une sorte de définition réciproque de ces deux moyens du psychisme que nous voudrions aller. Chacun d'eux œuvre dans un contexte particulier, s'inscrit dans des modalités très différentes du fonctionnement du psychisme : le refoulement dans le registre névrotique et la répression, par exemple, dans celui de la névrose de comportement au sens de Pierre Marty, même si ce n'est pas son seul domaine. Le point commun au refoulement et à la répression est la mise en jeu d'un contre-investissement ; c'est le domaine de ce contre-investissement qui diffère dans les deux registres : dans le refoulement, il porte sur des représentations ; dans la répression, il porte sur des conduites et sur leurs effets corporels.
Refoulement et répression s'adressent à un excès, leur mise en jeu est rendue nécessaire en raison d'une trop grande intensité d'affect, éprouvée ou anticipée par le Moi, lors du surgissement d'une représentation ou de ses prémices. L'une des différences essentielles entre les deux mécanismes tient au fait que le refoulement maintient le lien entre affect et représentation, déplace son investissement de la représentation excessivement chargée sur une autre représentation liée à un affect moins puissant, la répression au contraire est mise en œuvre lorsque le lien entre affect et représentation ne permet plus la contention de celui-ci et que le Moi doit se défendre contre un affect nu. C'est par rapport à l'affect qu'il s'agit d'inhiber ou de supprimer que le terme « répression » (Unterdrückung)1 est utilisé par Freud dans son sens le plus spécifique.