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La pensée française, fût-elle psychanalytique, demeure fascinée par la systématique, fût-ce au meilleur sens du terme - à ne pas confondre, donc, avec l'« esprit de système ». Elle se plaît à établir des repères, à préciser des distinctions comme des oppositions, voire à entreprendre des classifications. Ce que cela peut impliquer d'organisation de la pensée et d'exigence de rigueur ne manque ni d'avantages, ni d'attraits ; il n'en demeure pas moins que, au nom de la clarté, les données risquent parfois d'être faussées, pour aboutir finalement à embrouiller des idées qui n'en demandaient pas tant. Pour ce qui est de la répression, qui nous retient aujourd'hui, nous déplorons (sans doute à juste titre) que les Anglo-Saxons n'établissent guère de distinctions entre Verdrängung et Unterdrückung, allant jusqu'à traduire, le plus généralement, les deux par le seul vocable de repression ; mais sans doute, de leur point de vue, peuvent-ils avoir leurs raisons ?
J'éviterai, dorénavant, de prendre ma part dans les discussions visant à décider si la répression est un « concept », une « notion » ou une « idée », voire un « mot », tant les distinctions entre ces termes s'avèrent plutôt imprécises selon les lexicographes et divergentes d'après les philosophes. Freud, pour sa part, semblait attacher peu d'importance à ce qui semblait lui apparaître comme des distinguos ne le concernant pas véritablement. Ainsi, dans « Le moi et le ça », à propos de l'inconscient lui-même et afin d'en rappeler la définition selon la dynamique, il laisse au lecteur le choix d'opter pour tel ou tel mot selon ses propres préférences : « Nous sommes parvenus au terme ou concept de l'inconscient… »1 Même si j'ai pu, en un temps, m'intéresser à ces