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— Non dit l'abbé, on n'est pas obligé de croire vrai tout ce qu'il dit, il suffit qu'on le tienne pour nécessaire.
— Triste opinion, dit K…, elle élèverait le mensonge à la hauteur d'une règle du monde.
Quand, en 1930, Freud publie Malaise dans la culture, cette méditation sur l'histoire de l'humanité est en résonance avec l'actualité la plus immédiate : le nazisme va se montrer conquérant politiquement avant de l'être militairement et une génération de jeunes Allemands sera dressée à n'éprouver aucune compassion pour toute victime qu'il aura désignée. Face au danger le vieil homme devra fuir et, risquons cette affirmation, élaborer cette fuite en rédigeant L'homme Moïse et le monothéisme, interprétation d'une autre migration, géographique et mentale, associant l'affranchissement d'un pouvoir politique oppressant à l'établissement d'une alliance, selon sa loi, à une puissance divine commanderesse avec ce qu'elle exige d'allégeance et comporte de risque d'asservissement. Selon le Décalogue et les 613 commandements suivants, les prescriptions se répartissent comme positives et négatives. Répression des tendances aux agirs interdits et soumission sont donc dans un rapport étroit qui semble exclure toute dynamique inconsciente.
F. Kafka par certains de ses écrits de 1913 à 1924 a pu apparaître comme visionnaire quant à l'émergence des états totalitaires et d'une anticulture dévastatrice. Chez lui, le sort des hommes obéit à d'autres déterminations que celles définies par leur volonté individuelle agissante et une conflictualité supra-individuelle, différente des pouvoirs constitués, réduit leurs affrontements à des péripéties accessoires. Entre les faits collectifs (répression et persécution politiques, violence guerrière et génocidaire) et ces fictions littéraires issues d'un parcours solitaire où la répression de la vie amoureuse (Kafka n'ayant jamais pu que saboter et rompre ses fiançailles et ses projets de