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Le travail de Jorge García Badaracco avec les patients psychotiques se range dans la même catégorie que ceux de Searles, Rosenfeld, Bion ou Hanna Segal. Ces pionniers ont aujourd'hui peu d'imitateurs. Et, pourtant, leurs œuvres méritent vraiment le nom de « recherches psychanalytiques », même si elles ne portent que sur peu de cas. Elles nous ont appris infiniment plus sur la psychose et la pensée que toutes les recherches « empiriques », portant sur des données statistiquement vérifiables, et aptes par conséquent à bénéficier de crédit de recherches. Les neuf cas détaillés rapportés par García Badaracco nous parlent davantage que les statistiques impressionnantes qu'il aurait aisément pu nous présenter, puisque son expérience porte sur 3 000 patients (p. 263).
L'auteur, formé en France à la SPP dans les années de l'après-guerre, est rentré ensuite en Argentine où il a joué un rôle de premier plan au sein de l'Association psychanalytique argentine. En même temps que sa pratique privée comme analyste didacticien, il a toujours travaillé comme psychanalyste en institution, d'abord à l'hôpital psychiatrique public, puis dans une clinique privée qu'il a fondée, et dont ce livre décrit le fonctionnement, puis à nouveau maintenant dans l'hôpital public. Sa formation le place à la croisée de plusieurs courants psychanalytiques. De sa formation à Paris, il a conservé le dialogue avec des auteurs comme Henry Ey (p. 16) ; Racamier, dont il discute la distinction entre « soins » et « traitement proprement dit »