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Le terme de séparation appartient au langage courant ; il ne figure pas parmi les notions fondamentales de la psychanalyse. Il concerne essentiellement l'écart établi entre un sujet et les personnes qu'il a investies et s'applique autant à certains âges de la vie - les séparations normales de l'enfance ou de l'adolescence par exemple - qu'aux exils, aux ruptures affectives et amoureuses1. La séparation patient/analyste - en fin de séance, au moment des vacances ou en fin d'analyse - se trouve souvent à l'origine de moments analytiques aigus. Peut-être la séparation, ne serait-ce que dans la différence des sexes et des générations, est-elle la condition même de l'amour et du désir ? Dans le récit d'Aristophane rapporté dans Le Banquet, Platon en fait la marque de la condition humaine. Et rien n'est plus touchant, selon Racine, que l'amour contraint à la séparation (« Je l'aime, je le fuis ; Titus m'aime, il me quitte »)2.
Dans notre clinique, un constat peut être fait d'emblée : nombre de demandes d'analyses surgissent soit après une séparation, soit pour envisager une séparation qui apparaît comme nécessaire mais difficile. On remarque que si certaines séparations paraissent insurmontables, d'autres semblent trop facilement acceptées. À cette polysémie des situations répond celle du concept. Celui-ci désigne tantôt les séparations effectives et historiques, engageant un éloignement physique - on y rencontre les séparations éventuellement traumatiques, pathogènes et leurs effets -, tantôt le concept désigne le processus structurant intrapsychique symbolisant le dégagement et la séparation de l'objet. La séparation d'avec l'objet confronte à la fois au renoncement impossible