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« Mais on reconnaît, comme condition pour la mise en place de l'épreuve de réalité, que se soient perdus des objets qui autrefois avaient apporté une satisfaction réelle. »
Les rédacteurs de ce numéro de la Revue nous en ont prévenus dans leur argument : la séparation n'est pas un concept psychanalytique ; néanmoins, « la séparation par clivage »1 (Abspaltung) fondant l'inconscient comme lieu séparé de la conscience dans l'hystérie est à l'origine de la découverte de la psychanalyse et au principe même de sa théorie par l'aspect topique de la métapsychologie2, tandis que « le clivage du moi » (Ichspaltung), et en tant que « le fait du moi » et en tant qu'il « émane du ça », est constitutif du sujet3.
Si la séparation topique Moi/Surmoi est clairement établie par Freud comme l'effet de l'angoisse de castration4, la séparation topique Moi/ça procéderait-elle également d'une angoisse particulière ? Existerait-il pour l'appareil psychique, une conséquence topique de la séparation originelle d'avec la mère lors de la naissance ? Quel est le rapport entre l'angoisse de la séparation de la naissance et la naissance de l'angoisse de séparation ?
Lorsqu'elle concerne la différenciation du moi de l'objet primaire, la séparation est un processus de subjectivation, et l'angoisse prégénitale qui lui correspond est l'angoisse de séparation dont A. Green nous dit qu'elle est l'angoisse caractéristique des états limites5. Lorsqu'elle concerne la relation triangulaire avec l'objet différencié et reconnu dans son altérité, la séparation sollicite le processus de deuil de l'objet et son angoisse est l'angoisse de castration.