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Chez certains patients, l'angoisse de séparation semble régulièrement se transformer en une angoisse de morcellement. Les interruptions de la cure à l'occasion des vacances, et surtout la possibilité de terminaison à l'occasion d'un progrès tangible sur le plan social, sont immédiatement accompagnés de représentations, parfois très angoissantes, de morcellement du corps, de l'objet et de la pensée. Cette désorganisation entraîne des réactions thérapeutiques négatives qui font que leurs cures sont interminables. Le travail analytique dure de nombreuses années, parfois avec le même analyste, parfois avec des analystes différents. Il rend possible une vie sociale autonome avec tout de même des hospitalisations brèves à de certains moments, mais le patient semble devenu dépendant de la présence physique de l'analyste, pour ce qui concerne l'unification de ses pulsions, de ses objets et de son moi.
Pour des raisons pratiques, j'étudierai les rapports entre angoisse de séparation et angoisse de morcellement à partir d'un cas dont l'observation détaillée a été publiée par le patient lui-même, et qui est bien connue de tous, celle du président Schreber. Bien que le président Schreber n'ait pas été en analyse, il est assez facile de montrer comment l'angoisse de morcellement apparaît chez lui quand il est séparé d'un objet fortement investi, et comment elle disparaît quand il peut à nouveau reconstituer un lien à un objet significatif. Dans la mesure où l'on peut se fier à la description très précise qu'il fait,