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De nombreux travaux portant sur la séparation visent les effets pathogènes des traumatismes et séparations précoces parfois définitives. Je me propose, en revanche, d'envisager ce qui advient quand les mécanismes habituels de séparation échouent et que le sujet demeure sous l'emprise de l'objet primaire, comme c'est souvent le cas dans les stérilités féminines.
Les cas que je développerai ne sont pas d'une gravité majeure et les difficultés d'autonomisation qu'ils recouvrent auraient pu passer, de prime abord, inaperçues. Nous nous trouvons devant des femmes « ordinaires », normales pourrait-on dire. Si bien que seule une impossibilité à procréer les a conduites à consulter. Autrefois, adressées d'une manière trop médicale par leurs soignants et ne sentant en elles aucun désir de travailler avec un psychanalyste, elles se montraient réfractaires aux tentatives de psychothérapies. Aujourd'hui, la diffusion par les médias des informations concernant les stérilités, leurs traitements si héroïques et leurs échecs souvent surprenants, ont permis à ces patientes en mal d'enfant d'incriminer « quelque chose de psychique », un blocage de leur fonctionnement reproductif, qui les conduit à consulter spontanément un psychanalyste. Il devient possible de donner un sens à leur stérilité et de leur permettre d'en « guérir », ce qui n'est pas forcément avoir un enfant mais parfois accepter d'y renoncer. Inconsciemment terrifiées par le projet de grossesse, elles peuvent ainsi éviter les complications somatiques de traitements souvent vécus comme de véritables viols de leur corps.
Je décrirai la clinique de ces stérilités, puis j'aborderai leurs modalités d'évolution dans la cure sous l'effet du transfert, lorsqu'il est repérable. Je m'attacherai à rendre compte des difficultés de séparation sur un plan méta-psychologique.