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Ces dernières années, comme faisant écho à une actualité médicale riche en réflexions bioéthiques, il m'a été donné de rencontrer en cabinet plusieurs jeunes femmes qui ont pris la décision d'une interruption médicale de grossesse. C'est de l'accompagnement et des réflexions qu'ont suscités en moi ces jeunes femmes enceintes dont je voudrais parler. Après révélation des résultats de l'amniocenthèse et découverte de malformations fœtales, elles ont pris la décision d'interrompre leur grossesse. Ces situations me semblent condenser les caractéristiques d'une séparation impossible, impensable fracture, dans un processus psychique de maturation de maternalité, de l'autre en soi, porteur de l'espoir d'un nouveau soi.
La grossesse est sans aucun doute un de ces moments fondateurs, pivots d'une mutation interne et il n'est pas rare qu'il suscite a minima des interrogations, une sorte de retour sur soi, voire même une démarche thérapeutique. En formulant les choses ainsi, je souligne d'emblée ce qui me semble se présenter comme un chevauchement fantasmatique, une sorte de télescopage moïque, de collapsus inhérent, constitutif de cette situation. Réalisation d'un désir d'enfant, réalisation de ses désirs d'enfant ? Donner la vie, un prolongement de soi, occurrence rêvée que se rejoue là, la partie pour laquelle nous étions bien loin d'avoir tous les dés en main, puisqu'elle s'est jouée en notre absence. Le projet d'enfant serait à nous-même, pour plagier S. Freud, une récapitulation phylogénétique et ontogénétique. On pourrait dire dans des termes plus récents qu'il est à la fois porteur d'histoires transgénérationnelles, inscrites dans sa double filiation et toujours écran vierge, prêt à recevoir la projection de l'enfant idéal, réparateur des narcissismes parentaux.
Ce sont les futures mères, et non pas les pères, que j'ai eu l'occasion de