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La question de la séparation est au cœur de bon nombre des traitements psychothérapiques de très jeunes enfants. Elle se rencontre à plusieurs niveaux, eux-mêmes intriqués. Il peut s'agir des raisons qui amènent certains parents à consulter pour leur bébé devant des « difficultés » de séparation lorsque la mère reprend son travail, par exemple, ou encore devant des troubles du sommeil durables.
À un autre niveau, cette notion de séparation renvoie aux processus intrapsychiques en jeu dans la séparation d'avec l'objet, ou plutôt d'avec une représentation de l'objet investie narcissiquement. L'angoisse de séparation (angoisse de l'étranger) peut alors témoigner d'un processus structurant intrapsychique à l'œuvre chez l'enfant. Mais elle peut aussi traduire, dans d'autres cas ou à d'autres moments, le désarroi d'un bébé devant une mère déprimée, absente pour lui comme à elle-même. La question de l'absence et du manque, ainsi que de leur devenir intrapsychique chez l'enfant, est ici posée. Toutefois, les modalités de relation d'objet de l'objet réel sont également déterminantes.
Enfin, la notion de séparation est bien entendu très présente tout au long des traitements, inhérente au cadre (fin des séances, congés, etc.), et s'inscrit plus largement dans les mouvements de type transférentiel et contre-transférentiel.
Ces différents registres - la réalité « extérieure » (éloignement réel de la mère) ; les processus internes en jeu chez la mère (terme pris ici dans son acception élargie d' « objet mère »), chez l'enfant, chez l'analyste -, sont pris