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Comment chacun traitera-t-il ce nouveau pouvoir de destruction et même de mort, ce pouvoir qui ne venait pas compliquer les sentiments de haine de la petite enfance ? C'est comme si l'on mettait du vin nouveau dans de vieilles outres.
Dès l'introduction de son texte sur l'adolescence, Winnicott insiste sur les enjeux de la destructivité, au point de l'inclure dans la définition théorique qu'il en donne. Dans une réflexion sur les rituels d'initiation, Philippe Jeammet en souligne la dangerosité et le fréquent marquage sur le corps. Il nous rappelle qu'ils entrent en résonance avec la violence du risque qu'ils recouvrent. « Il est difficile de penser que les motivations des adultes qui appliquent les épreuves rituelles ne correspondent pas à des désirs des adolescents »2 et la violence exercée sur leur corps par certains groupes d'adolescents comme signe d'appartenance l'illustre fréquemment. À ce nouveau pouvoir de destruction dont parle Winnicott répond parfois chez l'adolescent la violence des automutilations qu'il s'inflige, face à la menace de désorganisation qui l'anime. Si ces automutilations peuvent prendre un caractère dramatique, je me limiterai ici à des situations d'automutilations transitoires et tempérées, venant émailler le parcours de l'adolescent.
Enfant, Erwan ne supportait ni la séparation ni l'absence, il attendait sa mère à la fenêtre de la maison. Un jour où elle était sans doute plus en retard que d'habitude, il part à sa recherche et se perd. Terrorisé, sidéré au bord de