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Je voudrais, dans ce travail, développer ma pensée en partant du fait que la « séparation » est source de troubles émotionnels, et qu'elle implique un changement - dans les termes de Bleger (1966) -, une activation du noyau dur qui s'étaie sur la répétitivité et la prévisibilité des expériences.
La séparation est une césure, quelque chose qui provoque immédiatement l'appareil pour métaboliser les émotions. Ce travail se fait en partie déjà pendant la veille, à travers le fonctionnement onirique que Bion (1962) appelle la fonction a ; si nous annonçons à un patient la suppression d'une séance ou que nous partons en vacances - surtout si cela est imprévu -, nous pouvons observer comment ses premières réponses laissent déjà voir le résultat d'une fonction a qui produit ou tente de produire des éléments a également à partir de la sollicitation reçue. Ce travail est fait par le patient, et conjointement par le patient et l'analyste, au cours de la séance. Les proto-émotions sont activées ; elles doivent être « alphabétisées », transformées en pictogrammes visuels (éléments a), puis rendues pensables et exécutables. Bien entendu, le succès ou l'échec de cette opération dépend de différents facteurs : de l'intensité du stimulus, de la capacité de la fonction a, et de l' « appareil à penser les pensées » (Bion, 1962).
Il y a ensuite une autre voie, à savoir la façon dont le rêve de la nuit contribue à son tour à cette métabolisation. Les éléments a formés, ceux qui ne sont que partiellement formés, les éléments β qui n'ont pu être « alphabétisés » trouvent une « autre voie », un « autre lieu » de transformation et de métabolisation : précisément le rêve de la nuit dans sa fonction « digestive » (Bion, 1965). C'est précisément ce travail que je voudrais montrer de façon détaillée à travers des séquences de rêve rapportées par deux patients avec des