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C'est dans un des cadres différents de la cure psychanalytique classique, un centre de consultations, de psychothérapies et pédagogies ambulatoires, que j'ai été confrontée à une situation de rupture brutale du cours de prises en charge d'enfants, d'adolescents et de leur famille. Il se trouve que j'ai été amenée à infliger bien malgré moi cette rupture qui m'était imposée. J'ai néanmoins pu obtenir l'intervention de tutelles (DASS, Conseil de l'Ordre) pour organiser des consultations en vue de préparer l'imminence de mon départ. Leur déroulement a constitué un matériel clinique à propos duquel j'ai fait un premier travail d'élaboration immédiate1 que je me propose de reprendre ici dans la perspective des auteurs de l'argument de ce numéro.
Dans une situation de rupture de la continuité d'un investissement libidinal, transférentiel ou non, qu'est-ce qui distingue un processus de séparation conduisant à l'autonomisation du moi d'une désorganisation aux conséquences invalidantes ?
En premier lieu la rupture d'un investissement libidinal, quelles qu'en soient la cause et l'intensité, provoque dans tous les cas une déstabilisation du cours psychique. La soudaineté de l'événement heurtant un moi non préparé est en soi traumatique.
Cependant cette déstabilisation prend des formes différentes et a des conséquences variées, suivant un ensemble de facteurs que les exemples cliniques que je prends ici permettent d'illustrer. Je vais essayer de montrer comment dans certains cas se produit une désorganisation immédiate grave qu'il n'est pas possible d'empêcher et dont les conséquences prévisibles seront également graves. Ce sont les cas où la rupture de l'investissement transférentiel