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En exergue de son livre, Michel Schneider écrit ces mots de Rimbaud à Verlaine : « Le seul vrai mot, c'est : reviens. »
« Malade de cet amour qui disait toujours la même chose, Marcel Proust cessa un jour de voir sa mère. Il se détourna vers une page qui devait en appeler tant d'autres et écrivit ce qu'il ne pouvait plus regarder. »
Écrire, en son origine la plus lointaine, c'est faire que Maman revienne, qu'elle revienne lui donner le baiser de Combray. Écrire, c'est abolir la séparation et même la mort, écrire ne deviendra possible qu'à condition de se séparer d'elle, de renoncer pour toujours au baiser refusé.
C'est cela que Michel Schneider nous raconte dans son livre, comment Marcel est devenu Proust, comment il a pu se dégager de l'amour fou (et de la haine) qui l'aliénait à sa mère pour réussir à écrire « de soi », à devenir un auteur, à sauver en lui le désir, et quel rôle a joué sa sexualité dans ce devenir écrivain.
Au départ de la gestation de l'œuvre, Michel Schneider place « la conversation avec Maman », écrite trois ans après sa mort, qui devait servir de préface à l'essai sur la Méthode de Sainte-Beuve.
« Tu sais en quoi elle consiste, cette méthode ? »
— « Fais comme si je ne le savais pas », répond la mère.
Cette petite phrase, comme celle pour Swann et Odette de la Sonate de Vinteuil, va devenir « le thème secret, la musique intime, l'hymne national de leur amour ».