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La représentation de soi comme séparé d'autrui, condition de la reconnaissance de soi comme individu pensant et désirant face à l'autre pensant et désirant, trouve dans la relation analytique un lieu privilégié d'observation. Plusieurs travaux ont relaté les manifestations cliniques liées à des angoisses concernant la condition de séparation et les difficultés dans la stabilisation des représentations constitutives de l'individuation. La clinique actuelle des organisations non névrotiques est pour beaucoup dans la saisie et la théorisation de la nature de ces angoisses et des défenses plus ou moins précoces qui lui sont liées. L'acceptation de la condition de sujet séparé est l'issue favorable de l'expérience et de la fantasmatique de la fusion originaire (à l'objet-environnement ?). Or, si en ce qui concerne la séparation nous disposons en psychanalyse d'une vaste littérature, rares sont les travaux portant sur la fusion. Cela ne veut pas dire qu'en relatant tel ou tel autre moment de la cure, il n'est pas fait allusion à une régression ponctuelle avec une fantasmatique de type fusionnel dans la relation analysant-analyste. C'est en contiguïté avec les termes de symbiose, de narcissisme, d'identification projective, de relation à des objets-soi, que la problématique de la fusion/séparation est évoquée. Mais nous ne connaissons pas de travaux psychanalytiques spécifiques traitant de la « fusionnalité » normale en analyse et encore plus dans le fonctionnement